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La Turquie célèbre la guerre de libération nationale.

Ce 30 août la République de Turquie célèbre le centenaire de la victoire lors de la bataille de Dumlupınar qui, dans le cadre de la guerre de libération, a permis de vaincre définitivement les forces armées d’occupation de l’Entente. En raison de nombreux facteurs, au 19e siècle l’Empire ottoman est en déclin. Afin de s’y […]

La Turquie célèbre la guerre de libération nationale.
30 Ağustos 2022 - 5:00 'de eklendi ve 762 kez görüntülendi.

Ce 30 août la République de Turquie célèbre le centenaire de la victoire lors de la bataille de Dumlupınar qui, dans le cadre de la guerre de libération, a permis de vaincre définitivement les forces armées d’occupation de l’Entente.

En raison de nombreux facteurs, au 19e siècle l’Empire ottoman est en déclin.

Afin de s’y opposer, le 19e siècle sera celui des réformes pour l’Empire : Tanzimat (“réorganisation” en Turc ottoman), 1839 à 1876, Birinci Meşrutiyet (“Première ère constitutionnelle”), 1876 à 1878, İkinci Meşrutiyet (“Deuxième ère constitutionnelle”), 1908 à 1920, lors desquelles l’Empire devient une monarchie constitutionnelle et met en oeuvre des réformes sur les plans du droit, des finances publiques, militaire, de l’industrialisation, de l’éducation, etc.

Néanmoins, la participation de l’Empire ottoman à la Première Guerre mondiale signera sa fin.

Lorsque la guerre se termine, l’Empire est vaincu et  signe l’Armistice de Moudros, le 30 octobre 1918, dont les termes signifient non seulement la reddition, mais également l’abandon de toute souveraineté aux forces d’occupation :

L’armée ottomane est démobilisée. Les Ottomans rendent leurs armements et garnisons restantes en dehors de l’Anatolie, accordent aux Alliés le droit d’occuper les forts contrôlant le détroit des Dardanelles et le Bosphore, et d’occuper tout territoire ottoman “en cas de désordre” menaçant leur sécurité. Tous les ports, voies ferrées et autres points stratégiques sont mis à la disposition des Alliés. Dans le Caucase, les Ottomans ont dû se retirer à l’intérieur des frontières d’avant-guerre entre les empires ottoman et russe.

Fin 1918, immédiatement après la signature de l’Armistice de Moudros, la ville d’Istanbul est occupée.

Par ailleurs :

Au Sud, l’armée française (principalement l’armée coloniale française avec 70 000 soldats en février 1921) et la légion franco-arménienne (10 000 légionnaires) occupent les provinces d’Adana, de Gaziantep, de Mersin et Sanliurfa;

À l’Est, l’armée arménienne (30 000 soldats en juin 1920) occupe toutes les provinces d’Ardahan, d’Artvin, de Kars et Sarikamis;

À l’Ouest, l’armée grecque et ses soutiens occidentaux (200 000 soldats en juin 1921) occupent les provinces d’Izmir, de Thrace et en 1921 toutes les provinces de Mugla à Eskisehir.

À Istanbul le gouvernement du Sultan a rendu les armes et est aux ordres des armées d’occupation occidentales, la trahison, la collaboration non seulement des pouvoirs étatiques mais d’une partie de la population acquise aux forces d’occupation, les rapports de force nettement en faveur des occupants contre les quelques mouvements de résistance encore désorganisés, les innombrables massacres et déplacements, sur tout le territoire, contre les populations turques font qu’en 1918 ce n’est pas simplement une défaite militaire mais le risque de la fin de la présence turque, au moins en Anatolie orientale, car les occupants n’ambitionnent pas seulement régner dans les terres occupées sur une population locale turque dont l’armée a été défaite, mais changer les rapports démographiques en faveur des populations ethniquement reliées aux forces occidentales d’occupation.

Par ailleurs, le 10 août 1920, le gouvernement du sultan signe le traité de Sèvres avec les pays de l’Entente qui alourdit davantage, pour l’Empire ottoman, les conditions de l’Armistice de Moudros.

Ainsi, en 1918 – 1919 la situation catastrophique de la Turquie semble fatale : la trahison est partout, la coalition d’États occidentaux, sous couvert d’idéologie “universaliste” et en collaboration avec les civils également organisés au sein d’une alliance occidentale, met en oeuvre des accords secrets comme celui de Sykes-Picot, signés le 16 mai 1916, qui prévoit déjà le démembrement des territoires turcs, les populations turques sont dans la méconnaissance des plans occidentaux et ainsi dans l’incompréhension de la brutalité et la barbarie de l’occupation, les mouvements de résistance sont désorganisés et manquent de moyens, le peuple est sans espoir, le gouvernement à Istanbul du Sultan n’existe plus que sur le papier, etc.

Tout semble, ainsi, perdu.

Mais un homme tend la main à ce peuple turc en détresse, menacé, qu’il aime plus que tout, et au péril de sa vie entend lui porter secours, cet homme c’est : Mustafa Kemal.

Mustafa Kemal est un général de l’armée ottomane, héros de la bataille des Dardanelles, qui a combattu en Syrie et au Caucase et lors de la guerre des Balkans, pour lui “il n’y a pas de situations sans espoir, il y a des personnes sans espoir.”

En mai 1919, une occasion va se présenter afin d’organiser la défense de la patrie.

Les forces d’occupation occidentale demandent au Sultan d’envoyer un inspecteur de l’armée afin de convaincre à la reddition les quelques poches de résistance encore actives dans l’Est de la Turquie.

Le choix du Sultan, heureux pour l’avenir de la Turquie, et malheureux pour les forces d’occupation occidentales, sera celui de Mustafa Kemal Pacha.

Mustafa Kemal, le 19 mai 1919, à bord du navire Bandirma, se rend à Samsun, et non à l’ennemi, et si le Sultan lui demande de convaincre à la reddition les soldats qui ne s’étaient pas encore rendus, lui y va dans l’intention d’organiser la résistance nationale.

Ainsi, le 19 mai 1919 est considéré en Turquie comme le jour où la guerre d’indépendance turque a commencé contre l’occupation des puissances de l’Entente.

Organisation morale de la résistance.

Mustafa Kemal commence, ainsi, à publier des Circulaires appelant la mobilisation des forces de résistance nationale.

Les rassemblements et les manifestations qui suivent suscitant un enthousiasme national parmi la population, les forces d’occupation s’inquiéteront de possibles révoltes et rappelleront Mustafa Kemal à Istanbul le 8 juin 1919.

Prétextant différents motifs, Mustafa Kemal affirme qu’il ne peut pas se déplacer à Istanbul, son objectif étant de gagner du temps pour organiser la résistance nationale.

Le 21 juin, il rencontre à Amasya les commandants des plus importantes unités militaires d’Anatolie, Kâzım Karabekir, Refet et Ali Fuat Pashas, et Rauf Bey, chargé de maintenir l’ordre dans la région égéenne, et les convainc de se joindre à la lutte de résistance nationale.

Ils publient la Circulaire d’Amasya, affirmant l’incapacité et la traîtrise du gouvernement d’Istanbul et la nécessité de coordination des activités militaires :

  • La patrie entière et l’indépendance de la nation sont en danger. Le gouvernement d’Istanbul étant sous l’influence et le contrôle de l’Entente, il est incapable de remplir les exigences de sa responsabilité. Cette situation réduit notre nation à un état d’existence seulement en idée et non en réalité.”
  • Les organisations militaires et civiles ne doivent en aucun cas être abandonnées ou cédées à des tiers. Toute invasion ennemie dans une partie de la patrie concernera l’ensemble de l’armée et la défense du pays sera entreprise ensemble en fonction de la situation. Pour cette raison, les commandants s’informeront immédiatement les uns les autres. Les armes et le matériel de guerre ne doivent jamais être abandonnés.

Les forces d’occupation s’inquiétant de la situation demandent au gouvernement d’Istanbul de mettre fin à la mission de Mustafa Kemal, ce qui sera fait le 8 juillet 1919. Il démissionne alors de ses fonctions  d’inspecteur de l’armée ottomane.

Mustafa Kemal Pacha a ainsi mené sa lutte en tant que citoyen civil du 8 juillet 1919, date à laquelle il a démissionné de ses fonctions militaires, jusqu’au 5 août 1921, date à laquelle il a reçu l’autorité de commandant en chef.

Il organise par la suite des Congrès à Erzurum (23 juillet –  7 août 1919), à Sivas (4 septembre 1919 – 11 septembre 1919) où sont affirmés les thèmes de la résistance qui est définie comme nationale : légitimité de la résistance par la souveraineté nationale, unité, indépendance et solidarité nationales, opposition à l’invasion du territoire de la Turquie par les forces de l’Entente (France, Grande-Bretagne, Grèce, Italie), refus des mandats.

Le 16 mars 1920, à Istanbul, les forces d’occupation envahissent l’Assemblée et procèdent à l’arrestation des députés turcs partisans de la résistance nationale.

Aussitôt après, l’Assemblée se réunit le 18 mars 1920 et se déclare dissoute. Il n’y a ainsi plus de représentations du peuple à Istanbul.

23 avril 1920 est alors fondée la Grande Assemblée Nationale de Turquie dont le Parlement est représenté par 436 députés, Mustafa Kemal étant élu premier Président.

Décembre 1920, fondation de l’armée régulière de la Grande Assemblée Nationale de Turquie.

Situation sur le terrain.

Néanmoins, tandis que la résistance nationale gagnait en légitimité et légalité, sur le terrain l’occupation des territoires de la Turquie continuait et la lutte armée s’annonçait très compliquée.

Au Sud, l’armée française et la légion franco-arménienne commencent, immédiatement après la signature de l’armistice de Moudros le 30 octobre 1918,  à occuper les régions méditerranéennes de la Turquie.

À la fin de 1918, toute la Cilicie (région allant d’Alanya à Hatay) était sous occupation française et, en 1919, les Français occupaient les provinces turques d’Antep, Marash et Urfa.

Dans les régions occupées par les armées franco-arméniennes, ceux-ci commettent d’innombrables exactions contre les Turcs : bombardements de ville, massacres de civils, exécutions sommaires, viols, les exactions allant parfois jusqu’au sadisme, les Français coupant les bras d’enfants ou les faisant bouillir vivant devant leurs mères comme à Hachine.

La résistance organisée, principalement les Kuva-yi Milliye (“Forces nationales”) remportent des victoires à Maras, à Urfa et à Antep.

À l’Est, la République d’Arménie occupe les régions turques d’Igdir, Kars, Ardahan et Artvin, c’est-à-dire une importante partie du  Est de la Turquie.

En juin 1920, après avoir appris que le gouvernement du sultan avait l’intention d’accepter que la question de la frontière entre la Turquie et la République d’Arménie soit résolue par l’arbitrage des forces de l’Entente, la Grande Assemblée Nationale de Turquie annonce la mobilisation dans les vilayets orientaux. L’armée orientale est sous le commandement du lieutenant-général Kazim Karabekir Pacha.

Après une série d’affrontements entre les forces de libération nationale turques et les forces arméniennes, l’Arménie déclare la guerre à la Turquie le 24 septembre.

Le 28 septembre, les troupes turques lancent une large offensive, parviennent à rompre et déborder les troupes arméniennes en quelques jours et libèrent Sarikamis, Kagizman, Ardahan, et atteignent Igdir.

Le 28 octobre, les troupes turques reprennent l’offensive générale, prennent le contrôle de la partie sud de la région d’Ardagan, libèrent Kars le 30 octobre.

L’armée arménienne est défaite et le 2 décembre 1920, la délégation du gouvernement dachnak d’Arménie signe un traité de paix avec la Turquie.

Néanmoins, c’est à l’Ouest que la part la plus importante des forces occidentales d’occupation (les Grecs sur le terrain avec en soutien les États impérialistes, sous couvert d’idéologie “universaliste”, et en collaboration avec les organisations civiles) est présente.

L’armée turque remporte deux victoires importantes, les première et seconde bataille d’Inönü, mais est battue lors de la bataille Kütahya-Eskişehir et évite de peu l’encerclement.

Mustafa Kemal Pacha et Fevzi Pacha prennent personnellement le commandement à la place du général Ismet Pacha.

Lorsque Eskişehir tombe le 19 juillet, l’armée turque perd des positions sur le terrain mais sauvegarde la part la plus importante de ses forces armées qui se sont retirées à l’Est de la rivière Sakarya – sur les 95 000 soldats, il y aura 1 643 morts, 4 981 blessés et 374 prisonniers.

Des voix discordantes se font entendre à la Grande Assemblée Nationale. Pour certains députés, l’armée est défaite et Mustafa Kemal, lui-même, ne peut renverser la situation.

Pour d’autres, au contraire, la seule issue à la victoire face à la gravité de la situation était de donner à Mustafa Kemal les pleins pouvoirs militaires.

Mustafa Kemal accepte à condition que lui soient également déléguée l’autorité de la Grande Assemblée Nationale de Turquie, afin de prendre des décisions politiques qui soient appliquées immédiatement sans l’accord du Parlement.

Le Parlement refuse d’abord de déléguer ses pouvoirs à Mustafa Kemal, mais à la suite des débats qui ont duré du 4 août jusqu’au 5 août, l’Assemblée confère le poste de commandant en chef à Mustafa Kemal Pacha avec 169 votes pour contre 13 votes contre.

Le premier changement de fonction en tant que commandant en chef a été de nommer l’adjoint aux affaires intérieures Refet Pacha au ministère de la Défense nationale et de faire de Fevzi Pacha le chef d’état-major général.

La bataille décisive pour Ankara, la bataille de Sakarya, débute le 23 août 1921, à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’Ankara.

L’armée grecque est supérieure, à la fois en nombre de soldats et en armement, à l’armée turque. L’armée turque comptait 96 000 soldats contre 120 000 pour l’armée grecque, les Turcs avaient 40 000 fusils, les Grecs 90 000, l’armée turque avait 700 mitrailleuses, l’armée grecque en avait 7 000, les canons 177 contre 800, les Grecs avaient jusqu’à 20 avions, les Turcs n’en avaient que 2. L’armée turque ne surpassait la grecque qu’en cavalerie : elle possédait 4727 sabres contre 1800.

Après 23 jours de combats et malgré de très importante perte l’armée turque remporte une victoire décisive.

À la suite du retrait de l’armée grecque des viols, des incendies criminels et des pillages commis contre la population civile turque feront que plus d’un million de civils turcs se sont retrouvés sans abri.

Par ailleurs, l’armée grecque détruit 134 km de voie ferrée.

La Grande Offensive.

Durant les mois qui suivent la bataille de Sakarya les lignes ne bougent pas.

Néanmoins, l’armée turque s’est renforcée en nombre et en armement et à l’été 1922 des préparatifs ont lieu pour commencer une Grande Offensive.

L’aile droite de l’armée grecque, constituée de 5 lignes de défense, est réputée infranchissable et les Grecs estiment qu’il faudrait plusieurs mois pour percer cette ligne. Ainsi, les Grecs attendent une offensive au centre de leur ligne.

Pourtant, le 26 août, à Kocatepe, l’armée turque passe à l’offensive par cette ligne réputée infranchissable et en quelques heures perce les défenses grecques.

L’armée turque passe également à l’offensive au centre de la ligne de défense grecque, afin que les Grecs n’envoient pas de renforts sur leur aile gauche pourtant en difficulté.

La cavalerie turque contourne la gauche de la ligne grecque, afin de stopper un éventuel renfort de l’aile droite de l’armée grecque et attaque également par leur flanc les forces grecques qui se replient.

Les lignes de défense de l’armée grecque avaient été percées en 2 jours là où il était prévu qu’il faille des mois.

La Grande Offensive turque se poursuit et c’est le commandant suprême de l’armée turque, Mustafa Kemal Pacha en personne, qui mène l’offensive.

L’armée grecque, en déroute, est encerclée à Dumlupinar.

Le 30 août 1922, le commandant en chef de l’armée grecque, Général Trikupis, et son état-major sont faits prisonniers.

L’armée grecque est complètement défaite, ses pertes sont très importantes, 35 000 morts et blessées et 15 000 prisonniers.

Les pertes de l’armée turque sont de 12 000 morts et blessés.

L’armée turque avance alors jusqu’en mer Égée et libère Izmir le 9 septembre.

Ainsi, prend fin l’occupation de la Turquie par les puissances européennes.

En Turquie, le Jour de la Victoire est une fête officielle et nationale célébrée chaque année le 30 août  pour commémorer la Grande Offensive, qui s’est terminée par une victoire le 30 août 1922 à Dumlupınar sous le commandement de Mustafa Kemal Atatürk.

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